« Un métier humain basé sur l’écoute, la collaboration et la confiance »
À 37 ans, Pierrick Fontaine a rejoint la Nouvelle-Calédonie pour une prise de fonction au sein de CIPAC le 17 novembre dernier. Rencontre avec le nouveau directeur des systèmes d’information.
Avec plus de vingt ans d’expérience dans le domaine de l’informatique, Pierrick Fontaine a évolué sur des fonctions techniques, puis managériales et stratégiques. Son parcours professionnel, jalonné de multiples expériences enrichissantes, son goût des voyages en famille, sa flexibilité et sa curiosité, ont forgé l’homme qu’il est aujourd’hui. Il occupe désormais un rôle clé au sein de CIPAC avec une vision à la fois technique, organisationnelle et stratégique.
En quoi consiste votre métier de directeur des systèmes d’information ?
Ma mission consiste à définir et à piloter la stratégie numérique de l’organisation en cohérence avec ses objectifs et ses enjeux métiers. Je suis le garant de la performance, de la sécurité et de la continuité du système d’information afin d’assurer un fonctionnement fiable et durable des outils numériques du groupe.
Au-delà des aspects techniques, j’accompagne les équipes métiers dans leur transformation et l’innovation digitale. Mon rôle est de mettre le numérique au service de la performance globale de l’entreprise en proposant des solutions adaptées, pragmatiques et créatrices de valeur.
Quelles sont, selon vous, les qualités nécessaires pour être DSI ?
Je pense que le savoir-être est aussi important que les compétences. Un DSI doit être ouvert d’esprit, à l’écoute et capable de se remettre constamment en question. Il doit savoir adapter son langage à des interlocuteurs très différents, qu’ils soient techniques, métiers ou décisionnaires. Faire le lien entre les enjeux opérationnels, stratégiques et techniques est essentiel dans cette fonction.
Enfin, en Nouvelle-Calédonie, disposer d’un parcours initialement technique est, selon moi, un véritable atout. Cela permet de comprendre les contraintes du terrain, de gagner en crédibilité et d’adopter une approche concrète et réaliste.
Quelle est votre vision pour les systèmes d’information de CIPAC ?
Ma vision est celle d’un système d’information au service des métiers, simple d’usage, sécurisé et aligné avec les priorités stratégiques du groupe. Le numérique ne doit pas être une contrainte mais un levier de performance et d’efficacité au quotidien.
Je souhaite que la DSI soit perçue comme un partenaire de confiance, capable d’anticiper les besoins, d’accompagner les projets et de proposer des solutions cohérentes avec la réalité de CIPAC et du territoire.
Quelles seront vos priorités dans les mois à venir ?
Les premières priorités concernent la sécurisation du système d’information, la fiabilité des infrastructures et la continuité de service. En effet, il est indispensable de disposer de bases solides et maîtrisées avant d’engager des projets structurants.
En parallèle, un travail d’écoute et de compréhension des besoins des équipes métiers est en cours afin de construire une feuille de route claire, réaliste et partagée qui intègre à la fois les enjeux techniques, organisationnels et humains. Celle-ci doit rester cohérente avec les besoins du groupe, ainsi qu’avec les compétences réellement disponibles en Nouvelle-Calédonie. Le pragmatisme guide les choix technologiques : une solution doit pouvoir être exploitée, maintenue et faire évoluer dans la durée.
Un autre axe majeur concerne le développement de la Business Intelligence (BI). CIPAC n’est pas une seule entreprise mais un groupe composé d’une vingtaine d’entités aux métiers différents, représentant un véritable enjeu en matière de pilotage. L’objectif est de mettre à disposition des rapports concrets et des tableaux de bord fiables, lisibles et adaptés à chaque activité, tout en conservant une vision globale du groupe. La BI doit devenir un véritable outil d’aide à la décision pour les directions et les équipes.
La transformation digitale du groupe se poursuit également à travers des projets structurants déjà en cours, comme par exemple la dématérialisation des factures et le déploiement de solutions d’intelligence artificielle au service des métiers selon deux axes complémentaires.
Le premier axe concerne le déploiement d’une IA orientée métiers, permettant d’interroger les données de l’entreprise en langage naturel. Il s’agit, par exemple, de pouvoir demander simplement : « Quel est le stock restant du produit X ? », « quelles quantités avons-nous vendues à tel client sur une période donnée ? » ou « quels sont les indicateurs clés de mon activité ce mois-ci ? ». L’objectif est de faciliter l’accès à l’information et d’améliorer l’efficacité opérationnelle.
Le second axe porte sur le déploiement et la formation des collaborateurs à l’IA générative utilisée comme un véritable assistant du quotidien. Elle peut accompagner les équipes dans la rédaction de courriels, la lecture et la synthèse de documents ou l’appui à certaines tâches administratives. Cette démarche s’accompagne d’une sensibilisation aux bonnes pratiques, notamment sur les limites de ces outils et la nécessité de rester vigilant face aux risques d’erreurs ou d’hallucinations afin d’en faire un usage maîtrisé, responsable et sécurisé.
Enfin, le renforcement des équipes locales constitue un axe fort pour accompagner la croissance et les projets à venir. Des recrutements sont actuellement en cours, notamment pour un poste de chef de projet et un poste d’administrateur systèmes et réseaux.
Ces compétences locales sont essentielles pour garantir la pérennité des solutions mises en place et assurer un accompagnement de proximité. L’objectif est d’éviter les solutions surdimensionnées ou inadaptées au contexte local. Il ne sert à rien de déployer un Boeing 747 si l’on ne dispose pas des mécaniciens qualifiés pour l’entretenir sur le territoire !
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
La diversité des sujets et la dimension transverse du poste. Chaque journée est différente, entre les enjeux techniques, les projets, les échanges avec les équipes métiers et la réflexion stratégique.
J’apprécie particulièrement le fait de pouvoir faire le lien entre la technique et les besoins opérationnels. Voir une solution numérique simplifier le quotidien des équipes, améliorer un processus ou apporter une réelle valeur ajoutée est très motivant.
C’est aussi un métier profondément humain, basé sur l’écoute, la collaboration et la confiance. La technologie n’est qu’un outil. Ce sont avant tout les femmes et les hommes qui font la réussite des projets.



